Là, on pourra nettoyer la plaie avant qu'il ne se rende à l'hôpital. Le malade accepte. La sœur qui l'accueille, Sœur Juana Maria Domingo Arnau, n'en croit pas ses yeux. Elle est infirmière depuis 38 ans, elle a soigné des plaies horribles durant la guerre d'Espagne et au cœur de l'Afrique, mais elle n'a jamais vu chose pareille. Que faire? Avec beaucoup de délicatesse, elle essaie de nettoyer la plaie qui mesure 18 cm sur 7; mais la douleur au moindre contact est intenable. Luis Alfonso a une grosse fièvre. « Je ne peux rien sur le plan médical, lui dit-elle, mais nous pouvons prier ». Elle lui donne une image de Marie St-Ignace (Claudine Thévenet) en l'invitant à faire une neuvaine avec sa famille. Le soir même, il commence avec une grande foi; la communauté du dispensaire aussi. C'est le 9 juin 1972. Dès le lendemain, plus aucune douleur, plus de fièvre, plus de mauvaise odeur. Luis Alfonso ne touche pas au pansement comme le lui a demandé la sœur infirmière. Il ne pense plus à l'hôpital; il se sent si bien qu'il décide d'aller chez son frère. Il fait sans peine deux kilomètres à pied. Le 12 juin, la sœur constate que la plaie est réduite à 3 cm sur 1. Le 20 juin, lorsque Luis Alfonso revient au dispensaire tel que convenu, la plaie est complètement guérie. Luis Alfonso retourne dans sa famille et reprend son travail aux champs Il se sent bien, comme jamais il ne l'a été depuis quarante-six ans. À la suite de l'approbation unanime de la Commission médicale, des théologiens et des Cardinaux, le Décret du miracle était promulgué en présence de S.S. Jean-Paul II, le 30 mars 1981, jour anniversaire de la naissance de Claudine Thévenet.
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Un pauvre a crié: Dieu l'a exaucé Luis Alfonso Soto Villa a 72 ans. Il habite Angostura, petit village de Colombie à quelques heures de Medellin. Pauvre de biens matériels, il est néanmoins très riche d'une foi vivante profonde. À 17 ans, il se blesse à la jambe gauche en travaillant à la campagne. Après des semaines, des mois, la plaie suppure toujours. À plusieurs reprises, il doit être hospitalisé. Les années passent. La plaie, de plus en plus infectée, est même rongée par les vers; l'odeur est répugnante, on hésite à l'approcher. En 1961, les médecins diagnostiquent une ostéomyélite chronique au tibia; on doit lui amputer la jambe. Luis Alfonso, atterré, s'enfuit de l'hôpital. Le mal s'aggrave. En 1963, Luis Alfonso est complètement immobilisé. Au cours des années qui passent, la souffrance augmente et devient si insuportable qu'il décide de retourner à l'hôpital de Medellin. En route, il s'arrête chez sa belle-sœur. Désemparée devant son état pitoyable, celle-ci lui conseille de se présenter au dispensaire tout proche tenu par les religieuses de Jésus-Marie.
